L'histoire derrière SoundViz
L'histoire des débuts de SoundViz
Comment SoundViz est passé d'un graphique en ligne granuleux à un puissant outil de storytelling.
Les leçons de Nanna J'ai passé mon enfance chez ma grand-mère, Nanna. C'était une peintre et décoratrice d'intérieur incroyablement douée et reconnue. Elle m'enlevait à ma mère célibataire de l'époque pour m'emmener à Balboa Park, à San Diego, où nous passions des journées entières à arpenter les musées, assis parmi les huiles, les aquarelles, le plâtre et le marbre, en quête de quelque chose qui nous inspire. Elle sortait un carnet, un morceau de fusain, un mouchoir, et me faisait dessiner. J'étais nul. Elle reprenait alors les outils de mes petites mains et créait, avec nostalgie, cette scène sur papier de nous deux, couverts de poussière de fusain, assis sur un banc, admirant l'œuvre devant nous. Puis elle inclinait la tête, plongeait un instant son regard dans son tout nouveau portrait de papier, et disait, avec son accent bien du Sud, quelque chose comme : « Eh bien, n'est-ce pas joli. »
Ma grand-mère m'a appris l'art. Mais pas celui qu'on apprend à l'école. Elle m'a appris la créativité, la passion sans retenue. Elle m'a appris à quel point l'art devait être profondément personnel. Je le voyais dans ses yeux à chaque fois qu'elle regardait ce sur quoi elle travaillait. Elle posait tout, reculait d'un pas et contemplait. Et à cet instant, j'imagine qu'elle pensait « bon sang, il est doué », avec ce doux accent du Sud.
Grandir
J'ai commencé le piano à huit ans, le saxophone à 10 ans, la guitare à 14 ans, les platines à 18 ans. Au lycée, il y a eu une période où je pouvais remplacer à peu près n'importe qui dans le groupe. J'étais franchement nul en dessin et en peinture, mais la graine plantée par Nanna a fini par germer. En grandissant, gagnant en confiance, je me suis mis à la composition et au sound design. Une façon élégante de dire que je voulais devenir le prochain DJ Tiësto. Il y a deux ans, je venais de terminer un morceau sur lequel je travaillais pour un concours de remix auquel je m'étais inscrit.
J'y ai travaillé de 18h à 5h du matin, un mardi soir - un vrai soir de semaine. 11 heures de programmation, pas une goutte de café, juste une inspiration pure et sans mélange. J'étais lancé et c'était incroyable. J'avais une image parfaite de ce que je voulais faire et je l'exécutais. Impossible de m'arrêter. J'avais peur qu'en allant dormir, je perde tout et ne finisse jamais. Alors j'ai continué. J'ai terminé le morceau, je l'ai chargé sur mon téléphone et je me suis endormi en l'écoutant en boucle. Je ne sais plus qui, mais l'un de mes amis avait partagé la photo d'une onde sonore imprimée sur un poster. Une vague noire sur un poster blanc de 76 x 102 cm. J'ai adoré l'idée. J'en voulais une pour mon nouveau morceau. Ça ressemblait à ça, moins le fond gris et la ligne centrale.
C'était sympa, mais pas vraiment top. Le problème, c'est que c'était une simple capture d'écran du logiciel de production dans lequel je passais mes journées. Original, oui, mais plat. Sans âme. Si j'avais été mécanicien, ç'aurait été comme prendre une photo d'une boîte de vitesses, l'imprimer et l'accrocher au-dessus de mon lit. Imaginez la conversation post-rencard Tinder.
L'idée
Alors j'ai regardé autour de moi. J'avais une idée. Je voulais de la couleur. Je voulais de la profondeur. Je voulais de l'art véritable. Après de nombreuses recherches Google infructueuses, j'ai fini par abandonner. Personne n'avait ce que je cherchais. Alors je me suis mis à lire. Ça ne pouvait pas être si compliqué de le créer moi-même. Ce n'est jamais qu'un graphique, après tout. Au fil d'une autre nuit blanche de programmation - cette fois moins de synthèse et plus de 0 et de 1 - j'ai fini par obtenir quelque chose. Une page web toute simple qui jouait ma chanson, et pendant qu'elle jouait, elle prélevait un fragment du morceau et l'imprimait à l'écran. J'ai même réussi à l'obtenir en couleur. Ça prenait un temps fou - aussi long que la chanson elle-même. Mais une fois terminé, j'avais mon propre sound wave art en couleurs. C'était affreusement moche et j'ai dû copier-coller des captures d'écran bout à bout pour que ça tienne debout, mais c'était le mien, et je trouvais ça génial.
Alors j'en ai commandé une impression. Une semaine ou deux plus tard, un colis est arrivé. Je l'ai ouvert et j'y ai trouvé une feuille de papier roulée. Lisse, brillante, légèrement froissée par endroits, je l'ai aplatie et j'ai regardé, pour la première fois, ma création. J'ai suivi l'onde sonore le long du papier, les couleurs changeant tandis que je rejouais dans ma tête l'histoire de cette nuit blanche, et j'étais hypnotisé. Je l'ai accrochée dans mon bureau. Chaque jour, quelqu'un venait, s'approchait de l'œuvre et me posait des questions. Chaque jour, je racontais l'histoire du concours. Je leur racontais comment j'étais resté debout toute la nuit et avais souffert au travail le lendemain, tant j'étais poussé à aller au bout de cet éclair d'inspiration. On parlait musique, art, je leur partageais mon remix. C'était magique. C'est là que j'ai compris à quel point ces objets pouvaient être puissants.
Notre mission est de permettre à chacun de raconter son histoire, facilement, à travers le son et l'image. Rejoignez-nous ou écrivez-nous un mot.
SoundViz aujourd'hui
SoundViz a démarré comme une petite page web perdue sur internet, mais à mesure que les gens l'ont découverte, se la sont appropriée et ont commencé à créer avec, elle est devenue quelque chose de totalement nouveau et inattendu. C'est devenu une façon pour chacun de s'exprimer plus profondément que je ne l'aurais jamais imaginé.
Du DJ amateur qui imprime son remix pas franchement gagnant, à l'entrepreneur qui capture le son de sa toute première commande, en passant par la première danse de mariage d'une fille, les parents qui se sont tatoué les premiers mots de leur enfant, jusqu'à la mère qui a perdu son enfant et voulait garder pour toujours son dernier message vocal - chaque SoundViz porte une histoire incroyable, puissante. D'ailleurs, aujourd'hui, mes impressions de remix rendent beaucoup mieux !
En 2018, Tyler et Chelsea Davis ont transmis SoundViz à Stephan Pire, un spécialiste du marketing digital originaire de Belgique. Lui et son équipe continuent aujourd'hui de faire grandir la communauté SoundViz et de l'ouvrir à de nouvelles langues.


